Lucien COUTAUD |
(1904-1977) | œuvres / infos |
Cet anniversaire a été inscrit au titre des Célébrations
Nationales par le Ministère de la Culture et de la Communication. Peu de
peintres avant lui ont connu cet honneur. Toutes les faces de son talent
auront tour à tour été évoquées au cours des expositions qui ont rendu
et rendent encore hommage cette année 2004 au talent de ce créateur exceptionnel.
La TAPISSERIE, au Musée départemental de la Tapisserie à Aubusson, " Lucien
Coutaud et les arts décoratifs ". La ville n'oublie pas que Coutaud fut
avec Lurçat l'un des artisans du renouveau de la tapisserie contemporaine.
La DECORATION SCENIQUE auquel il prêta son talent pendant de plus de 25
ans auprès de Charles Dullin, de Jacques Copeau, Jean Louis Barrault, de
Roland Petit, Serge Lifar ou André Barsacq. De cette collaboration sont
nés des spectacles mémorables qui restent grâce à lui inscrits dans toutes
les mémoires. " Coutaud scénographe de l'insolite et du merveilleux " organisé
par le département des arts du spectacle de la bibliothèque nationale de
France, présentée au musée de l'Opéra à Paris, puis à Nîmes, sa ville natale,
au Musée du vieux Nîmes de sa ville natale.
Quoique ces activités parallèles aient quelquefois occulté aux yeux du
public son oeuvre de peintre de chevalet, Lucien Coutaud reste dans l'immédiat
après-guerre l'une des figures incontournables de la jeune peinture française.
" Hommage à Lucien Coutaud ", organisé à Paris par la galerie des Modernes
dans les salles d'exposition du Louvre des Antiquaires, " Coutaud et la peinture ",
exposition présentée à Nîmes en cette fin d'année par le Musée des Beaux-Arts,
replacent le peintre avec toute sa complexité dans le grand courant d'idées
qui agita la peinture française à cette époque, en un mot dans l'air du temps.
Sans oublier ses dernières années de peinture en Normandie " Coutaud peintre
de l'estuaire " à la galerie Boudin à Honfleur. Pour un peintre dont l'oeuvre
tout entier s'était d'abord mis en marge du surréalisme, un explorateur
insatiable des limites du rêve, du merveilleux, de l'étrange, pour un peintre
reconnu comme un des maîtres de l'érotisme, venir s'installer en 1953 à
Villerville pour retrouver les paysages, les ciels, la lumière des débuts
de l'impressionnisme, sans renier sa propre vision de l'univers, un monde
dominé par le désir peut paraître une gageure et relève de la provocation.
Et pourtant, au-delà des images, il y a la peinture. Et quelle peinture!
A cette connaissance muséale de l'oeuvre du peintre, les petits frères
des Pauvres, légataires de la succession Coutaud, ont pris, pour illustrer
la diversité de l'oeuvre du peintre et contribuer à sa notoriété, le parti
de livrer au feu des enchères un exceptionnel ensemble d'oeuvres provenant
de son atelier et couvrant toutes les périodes de sa création artistique
conformément à la mission dont ils sont investis au bénéfice de leur action
caritative et de la promesse faîte au peintre de défendre sa mémoire
Nous tenons à remercier le Docteur Jean Binder, secrétaire de l'Association
Lucien Coutaud, sans qui la réalisation de ce catalogue ainsi que le CD
qui l'accompagne n'aurait été possible.
Vingt-cinq ans depuis la mort de l'artiste se sont écoulés. Délai nécessaire
pour redécouvrir l'oeuvre d'un artiste, le situer à sa vraie place. Lithographies,
projets d'affiches, souvenirs intimes, dessins préparatoires pour des oeuvres
majeures, érotiques, illustrations de livres, ardoises peintes, toiles
importantes, conservés jalousement par l'artiste, longtemps soustraits
aux regards, trouvant, selon le testament des Frères Goncourt pour leurs
oeuvres propres, des " héritiers naturels que la nature leur avait refusés ".
Témoignage irremplaçable d'un parcours hors du commun d'un jeune peintre
qui débarque, venu de sa province natale, à 20 ans à Paris en 1924 alors
que le surréalisme se manifeste au grand jour.
Il fréquente dès le début des années 30, les milieux artistiques et littéraires
parisiens et croisent les peintres et écrivains de son âge, militant dans
le groupe surréaliste.
Ces jeunes gens animés d'un bel enthousiasme s'emploient à détruire le
monde, l'écriture classique pour créer un nouveau vocabulaire en proie
au mal de vivre. C'est l'âge où, il est vrai, on est frondeur et contestataire.
Mais s'il les côtoie, Lucien Coutaud n'a jamais appartenu à la bande à
Breton. Il se méfie du dogmatisme d'un écrivain de 32 ans autoproclamé
pape du surréalisme. " Je n'ai jamais appartenu au groupe surréaliste pour
des raisons politiques, à cause du caractère difficile de Breton et parce
que j'ai toujours voulu rester indépendant. "
Si les années trente pouvaient être pour Coutaud celles de la tentation
du surréalisme, cette tentation a été vite évacuée car son univers se veut
irréel et s'élabore sous le signe du rêve, du merveilleux et de l'érotisme.
S'il se rencontre parfois avec les surréalistes par son goût d'élégance,
par un certain maniérisme apparent, c'est une simple coïncidence d'époque.
Comme on est loin du vacarme organisé par un groupe de jeunes gens en ébullition,
qui veulent changer le monde, de leur art castrateur et réducteur, et de
la contestation anti-art organisée en pleine guerre - la première- par
Tristan Tzara et ses amis au cabaret Voltaire à Zurich. Avec le temps ces
jeunes anarchistes de la peinture ont trouvé la notoriété formant une vieille
garde surréaliste, un dernier carré conformiste et muré dans ses certitudes.
Coutaud, lui, a gardé toute sa fraîcheur. Pour lui, seul le rêve rend le
réel réel. Il sait échapper aux toiles scabreuses, aux dissections de l'être
humain, au malaise indicible provoqué par de nombreuses toiles surréalistes.
Et si quelques fois Lucien Coutaud découpe sur la plage des jeunes femmes
en plusieurs morceaux, ce n'est pas avec une tronçonneuse, mais avec le
souci de leur donner plus de légèreté et de transparence. Peinture glamour,
peut être, qui a permis au critique d'art Bernard Dorival de dire que Lucien
Coutaud a été l'un des liquidateurs du Surréalisme.
Cette vente permettra aux collectionneurs de se forger leurs propres opinions,
de conforter leurs propres analyses et de souscrire ou non au Credo du
peintre :
" Je n'ai jamais eu la sensation de peindre pour qui que ce soit mais simplement
pour satisfaire mon besoin de mystère et de merveilleux. "
" Depuis longtemps, je peins les formes et les couleurs d'un monde imaginaire,
surnaturel, irréel, certains disent même magique. Cet univers je le porte en
moi depuis toujours "
C'est aux collectionneurs maintenant de juger, de dialoguer avec ces peintures,
de donner un destin nouveau à ces œvres qui n'appartiennent plus désormais
au peintre.
Maître Claude ROBERT
| Exposition Lucien COUTAUD | Documentation | ||
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du 16 avril au 8 mai 2011 Dessins des années 30 Galerie Broomhead Junker 7 rue Hoche 14800 Deauville Exposition réalisée avec le concours de : l'Association Lucien Coutaud et les petits frères des Pauvres voir les oeuvres |
Dictionnaire
Bénézit Lucien COUTAUD entre au Musée de Honfleur 2004 centenaire de la naissance de l'Artiste Un peintre et son oeuvre Essai sur l'histoire des "dormeurs" L'entrée dans le champs des Arts décoratifs Les années métaphysiques Le peintre de l'Estuaire Biographie Bibliographie Album photos |
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